Burundi : les fonctionnaires devront-ils laisser leurs téléphones personnels à la maison ?
Le président burundais, Évariste Ndayishimiye, a annoncé une mesure radicale ciblant les fonctionnaires : l'interdiction d'utiliser les téléphones portables personnels sur les lieux de travail. Désormais, seuls les téléphones de service seront tolérés dans les bureaux de l'administration publique.
Une mesure pour lutter contre la distraction
L’annonce a été faite le 25 avril à Gitega, à l’issue de trois jours de prières organisées par le parti au pouvoir, le Cndd-Fdd. Le chef de l’État, qui occupe également la fonction de président du Conseil des sages du parti, a justifié cette décision par un constat d'inefficacité. Selon une évaluation interne, de nombreux agents de l'État, particulièrement dans les services administratifs, ne respectent pas les huit heures de travail quotidiennes réglementaires.
Pour le président, les smartphones personnels sont le principal frein à la productivité :
« Au travail, on utilise les téléphones de bureau. Les téléphones portables restent à la maison », a-t-il insisté, prévenant que ceux qui refuseraient de s'y conformer « devront en tirer les conséquences ».
Vers une validation officielle
Le secrétaire général du parti, Révérien Ndikuriyo, a précisé que cette mesure s'inscrit dans un cadre plus large de résolutions adoptées par le Conseil national du parti. L'objectif affiché est de transformer les conditions de vie de la population en garantissant un service public plus performant. Il a également fermement évoqué la mise à l’écart de tout cadre ou employé qui ferait obstacle à cette nouvelle orientation.
Bien que l'annonce ait été faite dans un cadre partisan, ces résolutions ont été examinées et validées lors d’un congrès extraordinaire organisé le 26 avril à Gitega, la capitale politique, afin de définir les modalités d'application de cette directive au sein de l'appareil d'État.

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