Réfugiés burundais en Tanzanie : l'alerte rouge des organisations de défense des droits humains
Dans une déclaration commune percutante, quatre organisations internationales et de la diaspora tirent la sonnette d’alarme sur le sort des réfugiés burundais en Tanzanie. Entre enlèvements, démolitions massives d'abris et fermetures d’écoles, le climat de terreur dénoncé suggère une stratégie délibérée de retour forcé, au mépris des conventions internationales.
La situation dans les camps de Nduta et Nyarugusu, en Tanzanie, a franchi un nouveau seuil de gravité. Le Centre Raoul Wallenberg, SOS-Torture/Burundi, l’Alliance des Burundais du Canada et la Coalition pour la défense des droits humains dans les camps de réfugiés dénoncent d'une seule voix une « détérioration troublante » de la sécurité et de la dignité des exilés burundais.
Un climat de traque transfrontalière
Selon les signataires, le gouvernement burundais ne se contenterait plus de réprimer la dissidence à l'intérieur de ses frontières, mais étendrait son influence en territoire tanzanien. L'alerte fait état d'un "modus operandi" inquiétant : en avril 2025, cinq réfugiés ont été enlevés au camp de Nduta par des hommes non identifiés en civil.
Ces incidents s'inscrivent dans une atmosphère de harcèlement constant. Les réfugiés font face à des ultimatums récurrents les sommant de regagner leur pays, malgré les risques avérés d'arrestations arbitraires et de disparitions forcées qui attendent les rapatriés.
La politique de la "terre dévastée"
Le rapport détaille une campagne de démolition d'une ampleur inédite menée entre le 31 décembre 2025 et le 10 février 2026 :
Camp de Nduta : 13 zones sur 17 ont été réduites à néant.
Camp de Nyarugusu : Seules 6 zones sur 18 restent intactes.
Des milliers de familles se retrouvent sans abri, livrées aux intempéries et aux maladies, sans aucune solution de secours proposée par les autorités. À cette destruction matérielle s'ajoute un démantèlement des infrastructures vitales : fermeture de deux hôpitaux à Nyarugusu et de six écoles primaires sur neuf à Nduta.
« Ces actes constituent une violation systématique des droits fondamentaux et contredisent les obligations internationales de la Tanzanie », souligne la déclaration.
L’ambiguïté des instances internationales
Le texte pointe également du doigt une certaine passivité, voire une complicité indirecte, de certains acteurs sur le terrain. Si le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) a parfois dénoncé ces pratiques, les organisations signataires estiment que certaines conduites sur place favorisent les « retours forcés déguisés ».
Un appel pressant à la communauté internationale
Face à cette crise humanitaire, les quatre organisations exigent du gouvernement tanzanien :
L'arrêt immédiat des intimidations et des expulsions forcées.
Le relogement sécurisé des réfugiés dont les abris ont été détruits.
La réouverture des services essentiels (écoles et hôpitaux).
Elles appellent enfin la communauté internationale à faire respecter le principe de non-refoulement, clé de voûte du droit international des réfugiés, afin d'éviter que des milliers de personnes ne soient renvoyées vers une persécution quasi certaine au Burundi.

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