Incident diplomatique : Le Président burundais désavoue son propre ambassadeur pour ménager le Qatar

Un vent de tension a soufflé entre Gitega et Doha ce week-end. Après une sortie virulente d’un diplomate burundais de haut rang contre le rôle du Qatar dans la crise en RDC, le président Évariste Ndayishimiye a dû intervenir personnellement pour éteindre l’incendie diplomatique.

Jan 5, 2026 - 01:47
Jan 5, 2026 - 01:49
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Incident diplomatique : Le Président burundais désavoue son propre ambassadeur pour ménager le Qatar
La photo : Ete quand Le Qatar a promis un investissement de 180 milliards USD au Burundi

Une accusation qui ne passe pas

​Tout commence par une publication sur le réseau social X de Edouard Bizimana, diplomate burundais, accusant ouvertement le Qatar d’utiliser son « influence et ses liquidités » pour dissuader les États-Unis d’agir contre le Rwanda dans le conflit à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Selon lui, Doha jouerait un « rôle négatif » en protégeant les intérêts rwandais malgré les violations des accords de Washington.

Le "Mea Culpa" du sommet de l'État

​La réaction du Qatar ne s'est pas fait attendre, provoquant une onde de choc jusqu'à la présidence burundaise. Face au risque de rupture avec un partenaire financier et médiateur clé, le président Évariste Ndayishimiye est monté au créneau. Dans un message de clarification, le chef de l'État burundais a réitéré son appréciation pour les « relations bilatérales de longue date » avec le Qatar et a salué le rôle « crucial » de Doha dans les efforts de médiation en RDC.

​Ce recadrage public, s'apparentant à un véritable mea culpa, visait explicitement à effacer les propos de Bizimana, dont le post a d'ailleurs été supprimé peu après.

Doha prend acte et maintient sa ligne

​Le Ministre d'État qatari aux Affaires étrangères, le Dr. Mohammed Al-Khulaifi, a rapidement réagi pour clore l'incident. Remerciant le président Ndayishimiye pour sa « clarification » et son « aimable reconnaissance », il a réaffirmé que l'approche du Qatar reste guidée par des principes de « consolidation de la paix et de médiation ».

Les dessous d'une diplomatie fragile

​Cet incident met en lumière la complexité des alliances dans la région des Grands Lacs. Alors que le Burundi cherche à maintenir une position ferme sur la sécurité régionale, il ne peut se permettre de s'aliéner le Qatar, un acteur dont le poids diplomatique et financier est devenu incontournable dans les processus de paix africains.

​Pour les observateurs, cet épisode souligne également un manque de coordination au sein de la diplomatie burundaise, forçant le sommet de l'État à une diplomatie de "rechange" pour préserver ses intérêts stratégiques au Moyen-Orient.

Joe Philbert Karangwa ​Mon parcours est marqué par une carrière dans les médias de la région des Grands Lacs, souvent dans des contextes de reportage sur des questions de sécurité, de droits de l'homme et de politique régionale. ​Parcours Professionnel ​Directeur de Radio Peace FM : Je dirige cette station de radio et contribue activement à la rédaction d'articles, notamment sur la situation politique et sociale au Burundi (nomination de cadres, gouvernance, sécurité). ​Ancien de Bonesha FM : Avant de s'installer au Rwanda en 2015 , je travaillait pour la radio indépendante Bonesha FM au Burundi. Cette station a été détruite et fermée en mai 2015 lors de la crise politique burundaise. ​Journaliste d'investigation : Mes publications portent fréquemment sur des sujets sensibles comme les incidents de sécurité au Burundi, la situation des réfugiés en Tanzanie ou les décisions présidentielles à Gitega. SUIVEZ MOI SUR MES RÉSEAUX SOCIAUX