RDC : Le porte-parole de l’armée suspendu après des propos discriminatoires contre la communauté Tutsi
KINSHASA – Dans un communiqué officiel daté du 28 décembre 2025, l’État-Major Général des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) a annoncé la suspension immédiate du Général-Major Sylvain Ekenge Bomusa de ses fonctions de porte-parole.
L’armée congolaise frappe fort et vite. Moins de 24 heures après une intervention polémique sur les antennes de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), le Général-Major Sylvain Ekenge a été officiellement démis de ses fonctions. Il lui est reproché d'avoir tenu des propos stigmatisant la communauté Tutsi lors d'une émission diffusée le samedi 27 décembre.
Une sanction pour « stigmatisation »
Le communiqué, signé par le Lieutenant-Général Jules Banza Mwilambwe, Chef d’État-Major Général des FARDC, condamne fermement les déclarations de l'officier supérieur. Bien que le texte officiel ne cite pas textuellement l'intégralité des propos, il souligne que ces derniers visaient spécifiquement la communauté Tutsi, provoquant une vive onde de choc au sein de l'opinion publique et de la hiérarchie militaire.
L'État-Major a tenu à clarifier que ces propos « ne reflètent en rien la position officielle » de la RDC, ni celle du Président de la République, Félix Tshisekedi, en sa qualité de Commandant Suprême des forces armées.
Défense des valeurs républicaines
Pour le commandement militaire, cet incident est jugé incompatible avec les missions constitutionnelles dévolues aux FARDC. Le communiqué insiste sur plusieurs points clés :
Désolidarisation totale : Le gouvernement et l'armée rejettent toute forme de discours de haine.
Unité nationale : Les FARDC réaffirment leur mission de protéger tous les Congolais « sans aucune distinction ».
Discipline militaire : La suspension de Sylvain Ekenge est présentée comme une conséquence directe du manquement au devoir de réserve et de professionnalisme.
Un appel au calme et à la cohésion
Dans un contexte sécuritaire et politique toujours tendu dans l'est du pays, l'État-Major Général a profité de cette annonce pour lancer un appel à la population. Il exhorte les citoyens à l’unité, à la cohésion nationale et, surtout, au « rejet de tout discours de haine ».
Cette décision rapide semble être un signal clair envoyé par Kinshasa : aucune dérive identitaire ne sera tolérée au sein de l'appareil sécuritaire de l'État, alors que le pays cherche à maintenir sa stabilité interne et son image sur la scène internationale.

English
Kirundi
Français