« Des pays longtemps considérés comme stables se retrouvent dans des crises provoquées par la Génération Z », s’étonne le président Ndayishimiye
Lors du quatrième forum de la jeunesse africaine, le Président burundais Évariste Ndayishimiye a mis en garde contre une lecture trop simpliste des mouvements sociaux portés par la Génération Z sur le continent. Selon lui, les soulèvements populaires observés dans plusieurs pays d’Afrique ne relèvent pas seulement d’un besoin de changement, mais d’un profond malaise qui trouve racine dans l’abandon de la jeunesse.
« Les médias qualifient cela de phénomène normal, disant que la Génération Z veut du changement. Mais voilà que des pays longtemps considérés comme stables se retrouvent dans des crises provoquées par cette jeunesse. » a-t-il déclaré.
Ndayishimiye a rappelé que plus de 70 % de la population africaine est constituée de jeunes. Une majorité démographique qui, selon lui, devrait pousser les dirigeants à en faire un levier prioritaire du développement. Il appelle à multiplier les opportunités économiques, notamment par la création d’emplois, afin de transformer cette force jeune en véritable moteur de prospérité.
Chômage massif et exode inquiétant
Mais le chef de l’État déplore que cette vision reste encore loin de la réalité. Le chômage et le manque d’opportunités seraient aujourd’hui les principaux fléaux qui frappent la jeunesse africaine. Cette situation nourrit un exode massif vers l’étranger :
« Les jeunes veulent partir, souvent par des voies dangereuses qui mettent leur vie en péril », a-t-il alerté.
Pour le président burundais, cette migration incontrôlée révèle l’incapacité des pays africains à résoudre les problèmes fondamentaux qui pèsent sur leur jeunesse :
« L’Afrique n’a pas encore trouvé de réponses aux difficultés qui accablent ses jeunes. »
Ndayishimiye a également dénoncé une idée qu’il juge erronée : celle selon laquelle la pauvreté serait systématiquement le déclencheur des crises. « Certains affirment plutôt que c’est l’instabilité qui engendre la pauvreté. Alors, quel serait le véritable remède ? » s’est-il interrogé, invitant à repenser en profondeur les modèles de gouvernance et de développement.
Face à ces défis, le Président burundais a exhorté ses homologues à renforcer leurs efforts pour trouver des solutions durables aux problèmes de la jeunesse. Une condition indispensable, selon lui, pour préserver la paix et la stabilité sur le continent.

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